17e édition du Salon des vins de Vaudreuil-Soulanges 2022

22
Mar

Salon des vins pour les nuls /chronique de la 4e semaine avant le Salon

Sylvain Vaillancourt, sommelier consultant.

Sylvain Vaillancourt, sommelier consultant.

Nous savons maintenant qu’un même vin, composé du même assemblage de molécules aromatiques, pourrait être décrit et évalué de façon différente d’un dégustateur à l’autre. Pourquoi? Parce que nous sommes tous outillés différemment pour percevoir les odeurs et que la sensibilité des récepteurs gustatifs varie selon les individus.

Des données de nature purement hédoniques telles « j’aime » ou « je n’aime pas » vont également influencer notre appréciation et, de facto, notre description du vin dégusté. Bien que cela aille totalement à l’encontre de l’objectivité que revendiquent si chèrement les experts, eux aussi vont décrire un vin en fonction de leurs préférences.

Alors, si la dégustation est de nature si subjective, est-ce à dire que les guides du vin et toutes les chroniques que nous lisons ou entendons sont sans valeur et inutiles? Oh que non! La subjectivité joue un rôle en dégustation, surtout sur l’aspect descriptif de l’exercice, mais pas dans les jugements qualitatifs en général. Ce qui signifie ceci :

  • À savoir si un vin est bon ou mauvais, un consensus émerge en général de la part d’une majorité de dégustateurs d’expérience;
  • Il se trouvera toujours quelqu’un pour penser qu’un vin est sur ou sous-estimé. Ce sera rarement un point de vue majoritaire;
  • À la longue, vous remarquerez que les vins recommandés par un guide ou un chroniqueur en particulier vous plaisent plus que d’autres. Simplement parce que vos goûts sont plus proches de ceux de ce dégustateur que de ses confrères.

La dégustation à l’aveugle, c’est-à-dire à bouteille cachée ou sans connaître le vin que l’on déguste sera privilégiée afin de maximiser notre objectivité dans l’évaluation d’un vin. En effet, un nom connu, une belle bouteille, un prix plus élevé peuvent porter le dégustateur novice à mieux coter un vin par rapport à un autre, ce qui n’est pas toujours juste.

Pour continuer de vous entraîner, il existe dans les boutiques spécialisées des flacons d’arômes qui reprennent différentes odeurs qui peuvent être retrouvées dans le vin. C’est une bonne manière de s’entraîner à sentir mieux et même à reconnaître les défauts d’un vin.

Essayez également le jeu des comparaisons. Comparez un vin blanc à l’acidité très élevée comme un Jurançon sec à un vin peu acide comme un blanc du Languedoc ou du Rhône méridional. Mettez également côte à côte un vin de Madiran et un Beaujolais vous saisirez rapidement la différence entre ces deux styles de rouges; charpente tannique imposante d’un côté versus légèreté et souplesse de l’autre.

La mémoire étant une faculté qui oublie, prenez des notes de vos dégustations, soit dans un livre de cave, soit sur des fiches de dégustations utilisées par les professionnels ou même dans un calepin pour noter soigneusement les noms, millésimes et prix du vin dégusté ainsi que les résultats de votre analyse et de vos impressions générales.

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À déguster cette semaine :

Clos de la Procure 2008, Dupéré Barrera.

Un savoureux Côtes de Provence tout en fruit et en rondeur grâce au grenache, mais drôlement influencé par le mourvèdre qui lui donne sa complexité et ses tannins mûrs et tissés serré. Rubis violacé aux arômes de fruits noirs et d’épices douces il sera fort agréable s’il est servi légèrement rafraîchi (16-17º).

21,95 $

Code SAQ : 10783109

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